{"id":2684,"date":"2023-07-11T12:05:18","date_gmt":"2023-07-11T10:05:18","guid":{"rendered":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/?p=2684"},"modified":"2023-07-11T11:26:25","modified_gmt":"2023-07-11T09:26:25","slug":"mon-travail-cet-enfer-la-traite-des-etres-bresiliens-des-esclaves-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/mon-travail-cet-enfer-la-traite-des-etres-bresiliens-des-esclaves-2-3\/","title":{"rendered":"Mon travail, cet enfer : La traite des \u00eatres br\u00e9siliens, des \u00ab\u202fesclaves\u202f\u00bb (2\/3)"},"content":{"rendered":"<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"33fg9\"><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par M\u00e9dor le 03\/02\/2020, puis mis \u00e0 jour le 29\/05\/2020.<\/em><\/p>\n<p data-block-key=\"33fg9\">Quand on \u00e9voque le groupe CFE\/Ackermans &amp; van Haaren, on atteint les sommets de la puissance \u00e9conomique en Belgique. Dans l\u2019ombre, ces derniers mois, une \u00e9quipe d\u2019avocats sp\u00e9cialis\u00e9s en droit p\u00e9nal et social a cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9viter tout coup de griffe \u00e0 la r\u00e9putation de ce groupe incarnant l\u2019\u00ab\u202festablishment financier\u202f\u00bb du pays, comme on dit. Car il, y avait un petit caillou dans la bottine. Un souci judiciaire dont personne (ou presque) n\u2019a parl\u00e9\u2026<\/p>\n<p data-block-key=\"6twmt\">CFE et son sigle si reconnaissable l\u00e0 o\u00f9 tournent les grues, c\u2019est du dragage de fleuves, de l\u2019\u00e9olien en haute mer, de tous gros chantiers de construction et aussi de l\u2019immobilier. Sur sa gouvernance veillent les administrateurs Luc Bertrand (portant le titre de baron), Renaud Bent\u00e9geat (ex-DG adjoint du groupe fran\u00e7ais Vinci, deuxi\u00e8me soci\u00e9t\u00e9 mondiale en mati\u00e8re de construction et l\u2019un des actionnaires de CFE) ou Philippe Delusinne (l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d\u2019RTL Belgium) qui est membre du comit\u00e9 d\u2019audit.<\/p>\n<h5><em><a href=\"https:\/\/medialatitudes.be\/mon-travail-cet-enfer-15-000-travailleurs-illegaux-made-in-bresil-1-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Episode 1 : 15.000 travailleurs ill\u00e9gaux \u00ab\u202fmade in\u202f\u00bb Br\u00e9sil<\/a><\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p data-block-key=\"feb5i\">Parmi les\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cfe.be\/fr\/projets\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">projets<\/a>\u00a0de CFE, on d\u00e9couvre l\u2019esquisse de la gare maritime de Bruxelles, la route du littoral \u00e0 la R\u00e9union ou le nouveau beffroi de Tournai. Et dans le r\u00e9troviseur, un \u00ab\u202fpetit\u202f\u00bb \u00e9difice moins prestigieux a crisp\u00e9 tout doux la direction d\u2019une de ses nombreuses filiales\u00a0: la SA CFE B\u00e2timent Brabant Wallonie, associ\u00e9e \u00e0 la firme de construction Amart. En cause, un ensemble immobilier construit tout r\u00e9cemment \u00e0 Uccle, au 40 de la Rue Egide Van Ophem. Aux abords d\u2019une belle zone verte et de la gare renaissante de Calevoet, du r\u00e9sidentiel et des bureaux.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4211\" aria-describedby=\"caption-attachment-4211\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4211\" src=\"https:\/\/medialatitudes.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/40_Egide_Van_Ophem_bibi.width-720-600x400.jpg\" alt=\"Le b\u00e2timent de la Rue \u00c9gide Van Ophem, un projet du g\u00e9ant de la construction CFE\/Ackermans&amp;VanHaaren, lourdement \u00e9pingl\u00e9 par l\u2019inspection des lois sociales et, depuis le 19 mai 2020, condamn\u00e9 pour dumping.Philippe Engels. CC BY-NC-ND\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4211\" class=\"wp-caption-text\">Le b\u00e2timent de la Rue \u00c9gide Van Ophem, un projet du g\u00e9ant de la construction CFE\/Ackermans&amp;VanHaaren, lourdement \u00e9pingl\u00e9 par l\u2019inspection des lois sociales et, depuis le 19 mai 2020, condamn\u00e9 pour dumping.<br \/>Philippe Engels. CC BY-NC-ND<\/figcaption><\/figure>\n<\/section>\n<p data-block-key=\"feb5i\">Un chantier qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 de tout repos. Le point de d\u00e9part de cette embrouille entre patrons et sous-traitants, jug\u00e9e devant le tribunal correctionnel de Bruxelles\u202f? En octobre et en juillet 2017, deux ouvriers se pr\u00e9sentent \u00e0 la permanence de l\u2019Inspection sociale, \u00e0 Bruxelles. Ils disent travailler pour la soci\u00e9t\u00e9 Pentagono Veloz.<\/p>\n<div class=\"jumbotron\" data-block-key=\"pqplu\">\n<h3><b>UPDATE<\/b> \u00a0<strong>: CFE condamn\u00e9e \u00e0 3 ans<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>M\u00e9dor peut affirmer que le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamn\u00e9 la firme CFE \u00e0 3 ans d\u2019interdiction de travaux immobiliers, suite aux faits \u00e9voqu\u00e9s dans cet article. Cette sanction rare datant du 19 mai 2020 est assortie d\u2019un sursis de 3 ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon le jugement, CFE est condamn\u00e9 pour avoir contourn\u00e9 les l\u00e9gislations sociales en vigueur, op\u00e9r\u00e9 des menaces sur le personnel sous-traitant, port\u00e9 pr\u00e9judice aux int\u00e9r\u00eats financiers de l\u2019Etat belge, manqu\u00e9 aux r\u00e8gles en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 des travailleurs et d\u00e9montr\u00e9 \u00ab\u202fune absence totale de remise en question de son mode de fonctionnement\u202f\u00bb.<\/p>\n<p>Les faits remontent \u00e0 2017\/2018, sur un chantier r\u00e9sidentiel, \u00e0 Uccle.<\/p>\n<\/div>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"ma2th\">Avec cette bo\u00eete Pentagono Veloz fond\u00e9e en 2016 au Portugal, disposant d\u2019un maigre capital de 2\u202f500 euros, tout est cens\u00e9 aller vite, aux yeux de CFE.\u00a0<b>Mais les deux travailleurs, dont un Br\u00e9silien, attendent leur r\u00e9mun\u00e9ration depuis trois mois. Le premier plaignant indique qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 sans contrat,<\/b>\u00a0qu\u2019il a re\u00e7u une seule fois 859 euros &#8211; en cash &#8211; pour un temps plein de 40 heures et qu\u2019il a perdu le contact avec son \u00ab\u202femployeur\u202f\u00bb.<\/p>\n<p data-block-key=\"6n4vv\">Les deux hommes mentionnent leur lieu de travail\u00a0: le 40 de la Rue Van Ophem. L\u2019inspection des lois sociales y vient en visite le samedi 12 ao\u00fbt 2017. Et elle d\u00e9couvre, sans surprise, la r\u00e9alit\u00e9 de la plupart des chantiers de taille moyenne ou importante. Selon la citation \u00e0 compara\u00eetre devant un tribunal, qui en a d\u00e9coul\u00e9\u00a0: mise \u00e0 disposition ill\u00e9gale de travailleurs (notamment br\u00e9siliens), absence de d\u00e9clarations attestant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019ouvriers d\u00e9tach\u00e9s (autoris\u00e9s \u00e0 travailler en Belgique m\u00eame si les cotisations patronales sont pay\u00e9es dans un autre pays de l\u2019Union europ\u00e9enne), faux documents.<\/p>\n<\/section>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"1gfkk\">Selon les \u00e9changes que M\u00e9dor a pu lire, la cascade de sous-traitants op\u00e9rant pour le compte du groupe CFE n\u2019avait qu\u2019un seul objectif\u00a0: obliger le niveau inf\u00e9rieur \u00e0 comprimer ses prix. Alors que les chefs de chantier auraient pu faire appel \u00e0 du travail int\u00e9rimaire, ils ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la solution moins co\u00fbteuse du boulot conc\u00e9d\u00e9 \u00e0 de petits pourvoyeurs de main-d\u2019\u0153uvre corv\u00e9able \u00e0 merci. Le samedi, par exemple.<\/p>\n<p data-block-key=\"n9jl1\">Quand CFE a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 un souci de fondations, en d\u00e9but de chantier, il a fallu d\u2019un coup monter les effectifs de 15 \u00e0 25, et en bas de l\u2019\u00e9chafaudage branlant, \u00e7a a d\u00fb souquer ferme.<\/p>\n<p data-block-key=\"86gx1\">T\u00e9moignage \u00e0 la police d\u2019un sp\u00e9cialiste br\u00e9silien du recrutement autour de la gare du Midi, \u00e0 Bruxelles, op\u00e9rant en l\u2019occurrence au niveau -3 de sous-traitance\u00a0:<\/p>\n<p data-block-key=\"6w98w\"><b><i>\u00ab\u202fAmart-CFE voulait que nos travailleurs prestent 10 ou 11 heures par jour et \u00e7a, nous n\u2019\u00e9tions pas d\u2019accord (\u2026) On mena\u00e7ait de ne pas nous payer (\u2026) Amart a outrepass\u00e9 notre opposition en s\u2019adressant directement aux ouvriers en leur demandant de venir travailler le samedi.\u202f\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u202fIl y a beaucoup de pression \u00e0 cause du planning. Mais cela ne veut pas dire qu\u2019on peut travailler comme des artistes de cirque ou comme des singes.\u202f\u00bb<\/em><\/p>\n<p data-block-key=\"6w98w\"><strong><cite>Mail de CFE, le 14 d\u00e9cembre 2017, \u00e0 son sous-traitant portugais<\/cite><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<h3 data-block-key=\"lveda\">150 euros l\u2019infraction<\/h3>\n<p data-block-key=\"zvlsn\">Pass\u00e9 ce souci de fondations, des \u00e9changes vifs ont succ\u00e9d\u00e9 suite au constat de r\u00e9els probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9. Des garde-corps manquaient, les escaliers menant aux \u00e9tages restaient pr\u00e9caires, des ouvertures sur le vide n\u2019\u00e9taient pas prot\u00e9g\u00e9es\u2026 CFE impose alors des sanctions financi\u00e8res \u00e0 ses sous-traitants. 150 euros par infraction. <b><i>\u00ab\u202fOn ne va plus rigoler \u00e0 partir de maintenant, \u00e9crit un cadre de CFE le 14 d\u00e9cembre 2017. Pour l\u2019instant, on peut facilement r\u00e9cup\u00e9rer 1\u202f500 euros, \u00e0 mon avis (\u2026) (Si nos demandes ne sont pas suivies) des courriers officiels vont suivre.\u202f\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p data-block-key=\"v5ss1\">R\u00e9ponse du \u00ab\u202fchef\u202f\u00bb des sous-traitants, repr\u00e9sentant la SPRL Paca Construct, le seul \u00e0 pouvoir traduire correctement des ordres en fran\u00e7ais, selon des sources judiciaires\u00a0:<\/p>\n<p data-block-key=\"lq6v2\">\u00ab\u202fVous le savez tr\u00e8s bien que pour mettre le chantier en ordre de s\u00e9curit\u00e9, il faut arr\u00eater les grues pour le placement des escaliers (\u2026) Mais vous ne pensez jamais \u00e0 \u00e7a. C\u2019est plut\u00f4t planning, planning (il insiste 4 fois), des hommes, des hommes, des hommes. Le client\u00a0<i>vol<\/i>\u00a0avancer et le reste c\u2019est n\u2019importe quoi (\u2026) Vous nous mettez la pression\u00a0<i>par<\/i>\u00a0apr\u00e8s venir tomber sur notre dos.\u202f\u00bb<\/p>\n<p data-block-key=\"6phpr\">Ce mail du vendredi 15 d\u00e9cembre 2017, \u00e0 17h02, s\u2019ach\u00e8ve sur un ton vaguement mena\u00e7ant\u00a0:\u00a0<b><i>\u00ab\u202fVous prenez les sous-traitants comme des esclaves. C\u2019est pour \u00e7a que de plus en plus les Portugais ne volent plus venir en Belgique.\u202f\u00bb<\/i><\/b> Officiellement, il n\u2019y a pas eu d\u2019accident grave sur ce chantier-l\u00e0. Si \u00ab\u202fles Portugais\u202f\u00bb cit\u00e9s dans ce mail devaient h\u00e9siter, ils connaissent la chanson\u00a0: la rel\u00e8ve venue du Br\u00e9sil ou d\u2019ailleurs est pr\u00eate.<\/p>\n<\/section>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<h3 data-block-key=\"xvgb9\">Des footballeurs et des mules<\/h3>\n<p data-block-key=\"e3np4\">Autre dossier, m\u00eame commune. Le mardi 14 ao\u00fbt 2018, \u00e0 Uccle, l\u2019ancien \u00ab\u202ffootballeur professionnel\u202f\u00bb Marcio Freire s\u2019est fait pincer comme un d\u00e9butant. Ce Br\u00e9silien n\u00e9 dans la banlieue de Sao Paulo en 1970 avait en mains l\u2019objet du flagrant d\u00e9lit. Des billets de banque qu\u2019il avait pris l\u2019habitude de tirer au distributeur comme un automate. Il avait un comparse\u00a0: la figurine 452 b de l\u2019album Panini 1999-2000, l\u2019ex-joueur de La Louvi\u00e8re Marcos Lucas. Ce pro du ballon s\u2019affichant sur Internet tel un agent de joueurs s\u2019est en fait reconverti dans la mise \u00e0 disposition de main-d\u2019\u0153uvre ill\u00e9gale\u00a0: des ouvriers du b\u00e2timent, surtout.<\/p>\n<p data-block-key=\"fxd5p\">En une bonne ann\u00e9e, avant d\u2019\u00eatre appr\u00e9hend\u00e9s par la police,\u00a0<b>les deux hommes ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 589 retraits d\u2019argent liquide<\/b>. Un total de 956\u202f900 euros destin\u00e9s \u00e0 des paiements au noir. En avril 2018, les anciens footballeurs avaient \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9s une premi\u00e8re fois avec trente cartes bancaires en poche. Avant de filer \u00e0 la prison de Saint-Gilles, quatre mois plus tard, le r\u00e9cidiviste Marcio Freire en d\u00e9tenait neuf autres. Il avait sur lui 3\u202f900 euros d\u2019argent frais.<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u202fDes mules financi\u00e8res\u202f\u00bb<\/em>, comme pour la coca\u00efne.<\/p>\n<p data-block-key=\"fxd5p\"><strong><cite>Extrait d\u2019un jugement en correctionnelle, le 25 juin 2019<\/cite><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"oycc2\">C\u2019est la face cach\u00e9e de la nouvelle immigration br\u00e9silienne sur le sol belge \u2013 15\u202f000 travailleurs en situation d\u2019irr\u00e9guli\u00e8re dans les secteurs de la construction et du nettoyage, comme l\u2019indiquait\u00a0<a href=\"https:\/\/medialatitudes.be\/mon-travail-cet-enfer-15-000-travailleurs-illegaux-made-in-bresil-1-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le premier volet<\/a> de l&#8217;enqu\u00eate. Un clich\u00e9 populaire qui vole en \u00e9clats. L\u2019image du plafonneur exotique venu gentiment assister l\u2019ami d\u2019un ami baragouinant quelques mots en portugais. Ou le dribbleur \u00e9l\u00e9gant qu\u2019on applaudit de la tribune avant de coller sa trombine dans un album de collection. Et \u00e0 la place : des hommes d\u2019affaires sans scrupules maniant 57 comptes bancaires pour quasi autant de soci\u00e9t\u00e9s-\u00e9crans.<\/p>\n<p data-block-key=\"pwhoq\">Le jugement en premi\u00e8re instance qui a condamn\u00e9 Marcio Freire et Marcos Lucas \u00e0 18 mois de prison, avec un sursis de trois ans, le 25 juin 2019, recourt aux mots utilis\u00e9s dans le trafic de drogue\u00a0:<b>\u00a0le tribunal correctionnel de Bruxelles a \u00e9voqu\u00e9 des \u00ab\u202fmules financi\u00e8res\u202f\u00bb acheminant les sommes destin\u00e9es \u00e0 \u00ab\u202fblanchir\u202f\u00bb des activit\u00e9s ill\u00e9gales via une \u00ab\u202forganisation bien rod\u00e9e\u202f\u00bb<\/b>\u00a0visant \u00e0 tromper l\u2019inspection sociale par un syst\u00e8me de \u00ab\u202ffausses factures\u202f\u00bb et de \u00ab\u202ffausses d\u00e9clarations de chantier\u202f\u00bb.<\/p>\n<p data-block-key=\"bb5so\">C\u2019est le constat d\u2019un Br\u00e9sil o\u00f9 les injustices sociales, elles aussi, sont export\u00e9es. Avec les gens d\u2019en haut, enrichis, et le peuple d\u2019en bas, ces m\u00e9nag\u00e8res ou ouvriers condamn\u00e9s \u00e0 aller toujours plus vite pour intensifier les profits d\u2019une minorit\u00e9.<\/p>\n<\/section>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"0m5ln\">Qui s\u2019en tire bien dans cette affaire \u2013 un bout de fili\u00e8re sanctionn\u00e9 qui cache un oc\u00e9an d\u2019impunit\u00e9\u202f? Le notaire bruxellois dont le nom appara\u00eet dans les pi\u00e8ces du dossier et qui a favoris\u00e9 la croissance exponentielle de micro-soci\u00e9t\u00e9s abritant la main-d\u2019\u0153uvre ill\u00e9gale. Ainsi qu\u2019une ancienne vedette br\u00e9silienne, mieux connue des supporters de foot, dont le r\u00f4le a sembl\u00e9 plus passif. Et l\u2019entrepreneur complice \u00e0 l\u2019origine de ce business lucratif, juste \u00e0 temps planqu\u00e9 sous les palmiers de la Costa del Sol, \u00e0 Fuengirola (Espagne).<\/p>\n<\/section>\n<section class=\"cb cb-text\">\n<p data-block-key=\"jps5u\"><b>Qui s\u2019en tire mal\u202f? La main-d\u2019\u0153uvre de l\u2019ombre priv\u00e9e de ses paiements et la famille d\u2019une victime polonaise qui serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en tombant d\u2019un \u00e9chafaudage<\/b>, \u00e0 Uccle, il y a cinq ans. Il n\u2019y a pas eu de plainte officielle. L\u2019homme n\u2019avait pas de papiers en r\u00e8gle. M\u00eame chose pour le sous-traitant qui l\u2019utilisait et occupait une place peu enviable dans la chaine de commandement, ou plut\u00f4t d\u2019ex\u00e9cution. Selon l\u2019une des d\u00e9nonciations anonymes qui a pouss\u00e9 la justice belge \u00e0 enqu\u00eater, la victime aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e\u00a0<i>\u00ab\u202fsur le trottoir plus loin\u202f\u00bb<\/i>, abandonn\u00e9e\u00a0<i>\u00ab\u202fcomme un chien\u202f\u00bb<\/i>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4212\" aria-describedby=\"caption-attachment-4212\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4212\" src=\"https:\/\/medialatitudes.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Perquis_Fausses_factures_Beersel.width-720-600x400.jpg\" alt=\"Image d\u2019une perquisition \u00e0 Beersel montrant des caisses de fausses factures. Pour 10 millions d\u2019euros. None. CC BY-NC-ND\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4212\" class=\"wp-caption-text\">Image d\u2019une perquisition \u00e0 Beersel montrant des caisses de fausses factures. Pour 10 millions d\u2019euros.<br \/>None. CC BY-NC-ND<\/figcaption><\/figure>\n<\/section>\n<\/section>\n<\/section>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"jumbotron\" data-block-key=\"l70wk\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>Un 18 mois de prison pour 10 millions d\u2019euros de fausses factures<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au m\u00eame titre que ses rabatteurs br\u00e9siliens, le Bruxellois Didier Hanssens, 56 ans, a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en juin 2019 \u00e0 une peine rare de 18 mois de prison avec sursis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Patron de soci\u00e9t\u00e9s actives dans la construction et le nettoyage industriel, il \u00e9tait poursuivi pour fraude aux cotisations sociales (1,1 million d\u2019euros \u00e9lud\u00e9s), utilisation de main-d\u2019\u0153uvre ill\u00e9gale et blanchiment d\u2019argent \u00e0 des fins d\u2019enrichissement personnel. Sa compagne ayant un pied en Espagne faisait la navette Costa del Sol-Bruxelles tous les quinze jours avec 20\u202f000 euros dans la valise, afin de combler les retards de paiements au noir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au domicile belge du couple, \u00e0 Beersel, en p\u00e9riph\u00e9rie bruxelloise, les policiers accompagn\u00e9s par l\u2019Inspection sp\u00e9ciale des imp\u00f4ts savaient o\u00f9 chercher, le 5 d\u00e9cembre 2017. Attendant le petit matin, ils sont descendus \u00e0 la cave, guid\u00e9s par des d\u00e9nonciateurs anonymes. Au fond d\u2019une armoire, ils ont soulev\u00e9 un bout de plinthe, constat\u00e9 un petit trou, soulev\u00e9 une trappe et d\u00e9couvert des caisses comportant des piles de fausses factures. Pour un total fr\u00f4lant les 10 millions d\u2019euros. C\u2019est un niveau de fraude sociale organis\u00e9e impliquant de petits acteurs \u00e9conomiques.\u00a0<i>\u00ab\u202f\u00c0 cet \u00e9chelon, il nous arrive encore d\u2019\u00eatre efficaces\u202f\u00bb,<\/i>\u00a0souffle la magistrate Marianne Thomas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p data-block-key=\"aegd\"><strong>Illustrations (CC BY-NC-ND) : L\u00e9o Gillet<\/strong><\/p>\n<p data-block-key=\"aegd\"><strong>Enqu\u00eate (CC BY-NC-ND) : Philippe Engels<\/strong><\/p>\n<p data-block-key=\"995ce\"><em>Prochain \u00e9pisode, ce vendredi 14\/07 : A qui la faute si le syst\u00e8me de dumping tourne fou\u202f?<\/em><\/p>\n<div class=\"jumbotron\" data-block-key=\"995ce\"><span class=\"marktc8gef1g3\" data-markjs=\"true\" data-ogac=\"\" data-ogab=\"\" data-ogsc=\"\" data-ogsb=\"\">Cette s\u00e9rie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e et publi\u00e9e par M\u00e9dor, ce magazine<\/span>\u00a0peut \u00eatre d\u00e9couvert pendant un mois gratuitement sans engagement, via ce lien :\u00a0<a href=\"https:\/\/boutique.medor.coop\/new\/subscription\/trial?redirect=https:\/\/medor.coop\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span class=\"marktc8gef1g3\" data-markjs=\"true\" data-ogac=\"\" data-ogab=\"\" data-ogsc=\"\" data-ogsb=\"\">medor<\/span>.coop\/essai<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par M\u00e9dor le 03\/02\/2020, puis mis \u00e0 jour le 29\/05\/2020. 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