{"id":2716,"date":"2023-09-20T18:01:08","date_gmt":"2023-09-20T16:01:08","guid":{"rendered":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/?p=2716"},"modified":"2023-09-20T18:01:08","modified_gmt":"2023-09-20T16:01:08","slug":"lettre-dagnes-a-floriane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/lettre-dagnes-a-floriane\/","title":{"rendered":"Lettre d\u2019Agn\u00e8s \u00e0 Floriane"},"content":{"rendered":"<p><em>Ch\u00e8re Floriane,<\/em><\/p>\n<p><em>Me permets-tu de te tutoyer? Je me sens proche de toi. J\u2019ai v\u00e9cu la prison plus ou moins dans les m\u00eames circonstances que toi. Comme toi, j\u2019\u00e9tais journaliste et m\u00e8re d\u2019un enfant de 10 ans.<\/em><\/p>\n<p><em>Je suis Agn\u00e8s Ndirubusa.\u00a0 Journaliste. Je travaillais <a href=\"https:\/\/www.iwacu-burundi.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">au journal Iwacu<\/a> comme responsable du desk politique quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, moi et mes trois coll\u00e8gues, le 22 octobre 2019. Nous \u00e9tions all\u00e9s \u00e0 Bubanza pour faire notre travail de journaliste sur une incursion des rebelles \u00e0 Musigati.<\/em><\/p>\n<p><em>Je me sens \u00ab\u00a0connect\u00e9e \u00e0 toi.\u00a0\u00bb Par notre passion du journalisme. Par notre amour pour le Burundi.<\/em><\/p>\n<p><em>Je me dis souvent que tu dois \u00eatre comme moi un peu na\u00efve, id\u00e9aliste, tu\u00a0 crois que gr\u00e2ce \u00e0 notre plume et notre micro nous allons changer le monde,\u00a0 notre pays. Y apporter un peu de paix,\u00a0 un peu de justice, un peu de droits humains.<\/em><\/p>\n<p><em>Floriane, quand tu es rentr\u00e9e au pays apr\u00e8s quelques ann\u00e9es au Rwanda, tu ne te doutais pas de ce qui t\u2019attendait, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>Moi en 2019, quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, je rentrais de Bruxelles o\u00f9 j\u2019\u00e9tais all\u00e9e pour un reportage. En Belgique, les gens me\u00a0 demandaient si je rentrerais au Burundi apr\u00e8s ma mission. Je r\u00e9pondais : \u00ab\u00a0 Oui. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je dois \u00eatre. Ma vie, elle est l\u00e0. Ma famille. Mon lac Tanganyika,\u00a0 mon quartier , Mutanga Nord,\u00a0 mon travail. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je m\u00e8ne \u00e0 mon humble niveau ma lutte pour un Burundi meilleur. Pourquoi je resterais en Belgique, comme un \u00ab d\u00e9serteur \u00bb qui baisse les bras ? \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Etais-je trop na\u00efve\u00a0, toujours est-il que c\u2019est ce que je r\u00e9pondais.<\/em><\/p>\n<h2><em>\u00ab\u00a0Jamais sans les m\u00e9dias\u00a0\u00bb<\/em><\/h2>\n<p><em>Je me dis que toi aussi tu as d\u00fb entendre des gens te dire que tu ne peux pas\u00a0 aller au Burundi\u00a0? \u00a0Que ce n\u2019\u00e9tait pas \u00ab\u00a0safe\u00a0\u00bb pour toi, comme diraient les anglophones.<\/em><\/p>\n<p><em>Toi, tu t\u2019es s\u00fbrement dit que le vent du changement soufflait au Burundi. Et puis, il y a tellement de slogans. \u00ab\u00a0Jamais sans les m\u00e9dias\u00a0\u00bb, tu as d\u00fb entendre cela, j\u2019imagine.<\/em><\/p>\n<p><em>Mieux, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique avait re\u00e7u les professionnels des m\u00e9dias. Une main publiquement tendue vers les m\u00e9dias apr\u00e8s des ann\u00e9es de brouille. Des appels aux exil\u00e9s de rentrer \u00a0dans \u00ab\u00a0Leta Mvyeyi\u00a0\u00bb, l\u2019Etat\u00a0\u00ab\u00a0 havre pour tous\u00a0\u00bb, ont s\u00fbrement fini par te convaincre de franchir le Rubicon, pardon, la Kanyaru.<\/em><\/p>\n<p>Tu as cru que ton pays t\u2019accueillerait comme sa fille ch\u00e9rie<\/p>\n<blockquote><p><em>Tu t\u2019es dit que ton pays marche vers la lumi\u00e8re.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Tu y as cru donc. Parce que tu es optimiste, tu vois le bon c\u00f4t\u00e9 des choses. Le verre \u00e0 moiti\u00e9 plein. Tu t\u2019es dit que ton pays marche vers la lumi\u00e8re. Le bout du tunnel. Confiante, tu es rentr\u00e9e au pays pour embrasser ton p\u00e8re, ta famille. Sentir la joie de vivre des tiens. Contempler leur sourire.<\/em><\/p>\n<p><em>Gravir les montagnes, rencontrer de jolis enfants, portant des habits pleins de poussi\u00e8re rouge, tout souriants.<\/em><\/p>\n<p><em>Go\u00fbter aux mukeke et autres saveurs du Burundi.<\/em><\/p>\n<p><em>Peut-\u00eatre en ce jour dans ta cellule tu regrettes d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 si \u00ab na\u00efve \u00bb, d\u2019avoir os\u00e9 croire, d\u2019avoir esp\u00e9r\u00e9. D\u2019avoir pens\u00e9 que le pays t\u2019accueillerait comme sa fille ch\u00e9rie.<\/em><\/p>\n<p><em>Tu \u00e9tais loin de te douter que tu allais\u00a0 \u00eatre jet\u00e9e comme une malpropre, une criminelle en prison. Que tu serais\u00a0 priv\u00e9e de tes enfants\u2009! Qu\u2019ils ne verront pas leur maman pendant tr\u00e8s longtemps. Trop longtemps.<\/em><\/p>\n<p><em>Quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, j\u2019\u00e9tais loin de m\u2019imaginer que je serai priv\u00e9 de ma libert\u00e9 durant 14 mois et deux jours.<\/em><\/p>\n<p><em>Je me souviens. En ce jour pluvieux du 22 octobre 2019,\u00a0 moi et mes trois coll\u00e8gues avions montr\u00e9 nos cartes de presse aux jeunes hommes en tenues civiles et aux policiers qui nous ont accost\u00e9s pendant que nous \u00e9tions en train de faire notre travail\u00a0 quelques minutes \u00e0 peine \u00e0 notre arriv\u00e9e de Musigati.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Vous voulez rapporter que le pays est \u00e0 feu et en sang? Vous \u00eates en train de recueillir des t\u00e9moignages alors que nos amis sont l\u00e0-haut en train de combattre l\u2019ennemi ? Pourquoi ? \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Nous \u00e9tions sid\u00e9r\u00e9s par cette haine soudaine. Nous \u00e9tions juste en train de faire notre travail. Des questions et des menaces fusaient des jeunes hommes en tenues civiles et des policiers.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous avons connu les sordides cachots communaux. Puis, quatre jours plus tard, nous avons \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9s vers la prison de Bubanza.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>Quand j\u2019ai entendu l\u2019accusation, c\u2019\u00e9tait comme si mon esprit avait quitt\u00e9 mon corps.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Le procureur de Bubanza avait \u00e9crit un mandat d\u2019arrestation. Ils nous accusaient , un peu comme toi, \u00ab\u00a0de complicit\u00e9 d\u2019atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure de l\u2019\u00c9tat.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Quand j\u2019ai entendu l\u2019accusation, c\u2019\u00e9tait comme si mon esprit avait quitt\u00e9 mon corps. Je ne ressentais rien. J\u2019\u00e9tais sous le choc. J\u2019\u00e9tais t\u00e9tanis\u00e9e par l\u2019accusation.<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Dylan mon fils et j\u2019ai \u00e9clat\u00e9 en sanglots<\/p>\n<p><em>Dans la prison de Bubanza, Christine et moi avons d\u00e9pos\u00e9 nos affaires dans une petite chambre que nous allions partager avec des femmes et des enfants. Je faisais les choses automatiquement. Tel un robot. Soudain, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Dylan, mon fils. J\u2019ai alors \u00e9clat\u00e9 en sanglots.<\/em><\/p>\n<p><em>Mon fils allait\u00a0 avoir le choc de voir sa maman en prison. Je me demandais ce qu\u2019il penserait de tout \u00e7a. Son innocence, son enfance allaient\u00a0 lui \u00eatre enlev\u00e9es. Brutalement.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>Comment j\u2019allais expliquer \u00e0 mon gamin de 10 ans que j\u2019\u00e9tais innocente.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Je me demandais comment j\u2019allais expliquer \u00e0 mon gamin de 10 ans que j\u2019\u00e9tais innocente. Dans la t\u00eate des enfants, les prisons enferment des gens dangereux pour la soci\u00e9t\u00e9. Des tueurs, des voleurs et violeurs. Pas des innocents.<\/em><\/p>\n<p><em>Ma vie a bascul\u00e9. Chamboul\u00e9e.\u00a0 L\u2019angoisse est entr\u00e9e dans ma famille.<\/em><\/p>\n<p><em>Floriane, tu as des enfants. Je voudrais te rassurer. Les enfants verront \u00a0toujours en toi une \u00a0maman. Une femme courageuse qui s\u2019est battue pour la paix, pour la justice<\/em>,\u00a0<em>pour son pays. Ils sauront que tu es une h\u00e9ro\u00efne de la libert\u00e9.<\/em><\/p>\n<h2>Un &#8221; break &#8221; avec Dieu<\/h2>\n<p>Pourquoi mon Dieu a-t-il permis cela ?<\/p>\n<p><em>Les premi\u00e8res semaines ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s p\u00e9nibles pour moi en prison. \u00a0J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de faire un \u00ab\u00a0break\u00a0\u00bb dans ma relation avec Dieu. Pourquoi il permettait cela?<\/em><\/p>\n<p><em>Moi qui aimais tant la justice et la v\u00e9rit\u00e9\u2026<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019avais une famille, une carri\u00e8re. Je n\u2019\u00e9tais pas une mauvaise personne. Pourquoi mon Dieu a-t-il permis cela? Cette pens\u00e9e a empoisonn\u00e9 les premiers mois de ma vie en prison.<\/em><\/p>\n<p><em>Puis, il y a eu des doutes. Des doutes. Je m\u2019en voulais. \u00ab Agn\u00e8s, c\u2019est de ta faute. Ta passion pour le journalisme. Tu as voulu aller comprendre pourquoi des hommes, des femmes et des enfants \u00e9taient en train de fuir \u00e0 Musigati. Tu \u00a0as voulu ton article dans Iwacu du vendredi.<\/em><em>Tu l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 construit \u00a0dans ta t\u00eate.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>En effet, en allant \u00e0 Musigati, mon plan \u00e9tait fait : voir, comprendre, interroger la population, le gouverneur, le porte-parole de l\u2019arm\u00e9e et le premier vice-pr\u00e9sident\u00a0 que j\u2019avais eu t\u00e9l\u00e9phone.<\/em><\/p>\n<p><em>Il allait r\u00e9agir s\u00fbrement sur cette attaque des rebelles burundais venus de la RDC.<\/em><\/p>\n<p><em>Le plan de mon papier \u00e9tait dans ma t\u00eate.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9e d\u2019ennemie du pays. Alors que je n\u2019avais fait qu\u2019\u00e9couter les souffrances de mon peuple.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>A Musigati, j\u2019ai vu cette foule . Des habitants qui avaient quitt\u00e9 leurs collines. Ils parlaient. Ils racontaient leurs histoires. J\u2019\u00e9tais l\u00e0, je posais des questions, j\u2019enregistrais. J\u2019\u00e9tais en parfaite harmonie avec mon peuple. Les gens ressentaient ce besoin de me raconter ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Des rebelles qui avaient investi leurs collines, des militaires qui tentaient de repousser l\u2019ennemi. Des femmes qui avaient perdu leurs enfants en cours de route. Je ressentais ce besoin de partager leurs histoires. Leur v\u00e9cu. \u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Plus tard, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9e d\u2019ennemie du pays. Alors que je n\u2019avais fait qu\u2019\u00e9couter les souffrances de mon peuple pour pouvoir le raconter.<\/em><\/p>\n<p><em>Je n\u2019ai jamais compris mon crime.<\/em><\/p>\n<p><em>Floriane, tu as fait ton travail de journaliste. Tu as travaill\u00e9 pour ton pays, pour ton peuple.<\/em><\/p>\n<p><em>Ne doute \u00a0jamais l\u00e0-dessus. Tu as fait ton travail. Le journalisme est le fondement d\u2019un \u00c9tat de droit, de la libert\u00e9 d\u2019expression consign\u00e9e dans la Constitution burundaise.<\/em><\/p>\n<p><em>Mon professeur de droit constitutionnel en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Burundi nous disait que la Constitution c\u2019est \u00ab\u00a0la Loi des lois.\u00a0\u00bb Le fondement des autres lois. La Bible de la R\u00e9publique.<\/em><\/p>\n<p><em>Tu es prot\u00e9g\u00e9e par la Bible de la R\u00e9publique qui statue sur la libert\u00e9 d\u2019expression, par-l\u00e0, la libert\u00e9 de presse.<\/em><\/p>\n<h2>Lire m\u2019a sauv\u00e9 en prison<\/h2>\n<p><em>J\u2019ai eu de la chance en prison. J\u2019\u00e9tais avec ma meilleure amie d\u2019Iwacu. Christine Kamikazi. Nous nous soutenions mutuellement. Quand l\u2019une de nous deux avait le moral qui flanchait, l\u2019autre \u00e9tait l\u00e0 pour elle. Quand on nous permettait de voir nos deux compagnons d\u2019infortune, c\u2019\u00e9tait r\u00e9jouissant.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous avions m\u00eame sympathis\u00e9 avec des femmes et des enfants, en prison. \u00c7a aide \u00e0 tenir le coup.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019esp\u00e8re que tu t\u2019es fait des copines en prison. Elles t\u2019aident \u00e0 passer le temps. \u00c0 te cramponner\u00a0 aux branches de l\u2019espoir.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019avais install\u00e9 une routine qui me permettait de passer le temps. Lire. Et lire m\u2019a sauv\u00e9 la vie. Les livres me permettaient de m\u2019\u00e9vader de la prison. J\u2019errais dans le monde entier. De ma cellule, je traversais les \u00e9poques. Je pouvais vivre le moyen \u00e2ge aussi bien que mon \u00e9poque.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>Parle-lui de ce qui t\u2019arrive, dis-lui tes peurs, tes doutes et tes espoirs.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>J\u2019esp\u00e8re que tu vis une bonne relation avec Dieu. Parle-lui de ce qui t\u2019arrive, dis-lui tes peurs, tes doutes et tes espoirs.<\/em><\/p>\n<p><em>Je ne peux qu\u2019imaginer la peur qui t\u2019habite. Cette condamnation de dix ans a s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 un coup de massue dans ton c\u0153ur.<\/em><\/p>\n<p><em>Au d\u00e9but, le minist\u00e8re public a requis contre moi et mes compagnons d\u2019infortune, une peine de 15 ans de prison \u00a0pour complicit\u00e9 d\u2019atteinte \u00e0\u00a0 la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. Constatant un dossier vide, les juges ont requalifi\u00e9 la peine en tentative impossible de complicit\u00e9 d\u2019atteinte \u00e0 s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. Ils nous ont quand m\u00eame \u00a0condamn\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 deux ans et six mois de prison.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Cela restait \u00a0tr\u00e8s long pour moi. Je me disais que Dylan allait finir son \u00e9cole primaire sans moi. Aller f\u00eater trois anniversaires en mon absence. Je me dis que pour toi c\u2019est pire. Je n\u2019ose imaginer ce que tu te dis.\u00a0<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Tu es dans les pens\u00e9es de beaucoup de personnes<\/p><\/blockquote>\n<p><em>J\u2019esp\u00e8re que tu vas garder la foi. La foi en ton Dieu. La foi en l\u2019amour de tes enfants qui te tiennent debout. La foi en l\u2019amour de ta famille et des professionnels de m\u00e9dias.<\/em><\/p>\n<p><em>La communaut\u00e9 internationale, des organisations internationales sont mobilis\u00e9es. Tu es dans les pens\u00e9es de plusieurs personnes dans le monde.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai appris que tu souffrais d\u2019asthme, \u00a0mais m\u00eame malade, tu restes digne. Tu es une battante.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019esp\u00e8re que la ministre de la Justice pourra r\u00e9\u00e9valuer ton cas et t\u2019aider \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des soins appropri\u00e9s.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>Respire pour tes enfants. Respire.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Entre-temps, continue de respirer. Respire pour tes enfants. Respire.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019esp\u00e8re que tu vas bient\u00f4t rentrer \u00e0 la maison et respirer l\u2019air frais de la libert\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Ta s\u0153ur<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Agnes Ndirubusa<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Lettre publi\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/www.iwacu-burundi.org\/lettre-dagnes-a-floriane\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Iwacu<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ch\u00e8re Floriane, Me permets-tu de te tutoyer? Je me sens proche de toi. J\u2019ai v\u00e9cu la prison plus ou moins dans les m\u00eames circonstances que toi. 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