{"id":2823,"date":"2024-02-14T14:16:29","date_gmt":"2024-02-14T13:16:29","guid":{"rendered":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/?p=2823"},"modified":"2024-04-17T19:29:10","modified_gmt":"2024-04-17T17:29:10","slug":"turquie-un-an-apres-le-seisme-le-plus-important-cest-la-vie-en-communaute-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/turquie-un-an-apres-le-seisme-le-plus-important-cest-la-vie-en-communaute-2-3\/","title":{"rendered":"Turquie, un an apr\u00e8s le s\u00e9isme : \u201cLe plus important, c\u2019est la vie en communaut\u00e9\u201d (2\/3)"},"content":{"rendered":"<p>Yusuf est interne en m\u00e9decine. Sevilay est professeure. Ils ne se connaissent pas, et pourtant, partagent un lien ind\u00e9l\u00e9bile : tous deux ont choisi de rester \u00e0 Antakya (Antioche) apr\u00e8s le s\u00e9isme du 6 f\u00e9vrier 2023. Alors que beaucoup ont fui, Sevilay et Yusuf sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 croire en leur ville. Par solidarit\u00e9, ils continuent jour apr\u00e8s jour de prendre soin de leurs patients et \u00e9l\u00e8ves. Portraits crois\u00e9s de ceux qui construisent leur vie dans une ville en ruines.<\/p>\n<h2>Yusuf : \u201c<em>On a fait du mieux qu\u2019on a pu<\/em>\u201d<\/h2>\n<figure id=\"attachment_5151\" aria-describedby=\"caption-attachment-5151\" style=\"width: 1065px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-5151\" src=\"https:\/\/medialatitudes.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DSCF7823.jpg\" alt=\"\" width=\"1065\" height=\"710\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5151\" class=\"wp-caption-text\">Yusuf a 24 ans, il est interne en m\u00e9decine de l&#8217;h\u00f4pital universitaire d&#8217;Antakya. \u00a9 Layam Robert<\/figcaption><\/figure>\n<p>Depuis un an, le quotidien de Yusuf est r\u00e9gl\u00e9 comme du papier \u00e0 musique. Rouler jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Faire sa garde de vingt-sept heures. Quitter l\u2019h\u00f4pital. Rentrer. Dormir. <em>\u201cSi j&#8217;ai de la chance, je travaille un jour ou deux dans la semaine, mais en g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est plut\u00f4t trois ou quatre.\u201d<\/em> L\u2019\u00e9tudiant est en derni\u00e8re ann\u00e9e de m\u00e9decine \u00e0 Antakya. \u00c0 24 ans, il en para\u00eet dix de plus. Son visage n\u2019est pas marqu\u00e9, mais le tremblement de terre l\u2019a <em>\u201crendu adulte.\u201d<\/em><\/p>\n<p>En plus de ses cours, le jeune homme travaille \u00e0 l\u2019h\u00f4pital universitaire Mustafa Kemal, l\u2019un des rares \u00e0 encore fonctionner dans la r\u00e9gion. Avant le s\u00e9isme, ils \u00e9taient 217 internes, comme lui, \u00e0 y travailler quotidiennement. Ils sont 60 aujourd\u2019hui. Le nombre de patients, lui, a tripl\u00e9 pour atteindre en moyenne 600 par jour. Yusuf a bien essay\u00e9 d\u2019\u00e9chapper \u00e0 sa routine : quelques mois apr\u00e8s le s\u00e9isme, il va \u00e0 Diyarbak\u0131r, sa ville natale dans l\u2019est, mais Hatay le rattrape.<em> \u201cJe ne pouvais pas manger ou dormir. Je pensais \u00e0 mes amis ici, qui souffrent pendant que moi, je suis au chaud. C\u2019\u00e9tait trop difficile.\u201d<\/em> Alors, deux mois plus tard, il d\u00e9cide de rentrer. Pour aider.<\/p>\n<h2>Un campus vide<\/h2>\n<p><em>\u201cIci, pendant le s\u00e9isme, c\u2019\u00e9tait rempli de lits de camp\u201d,\u00a0<\/em>d\u00e9signe Yusuf de la main. Dans les couloirs vides de l\u2019immeuble du campus de m\u00e9decine, les pas r\u00e9sonnent. La table de ping-pong du grand hall attend ses joueurs. Ils ne sont plus beaucoup \u00e0 \u00e9tudier \u00e0 Hatay. Sur 26.000 \u00e9tudiants, l\u2019universit\u00e9 Mustafa Kemal en accueille encore 3.000, les \u00e9tudiants des facult\u00e9s m\u00e9dicales avec des cours appliqu\u00e9s. Ceux qui n\u2019ont pas chang\u00e9 d\u2019universit\u00e9 assistent aux cours en distanciel depuis mars. Les campus des deux universit\u00e9s de la r\u00e9gion ont subi des d\u00e9g\u00e2ts mineurs, mais requi\u00e8rent des travaux de reconstruction, notamment pour les lieux d\u2019h\u00e9bergement des \u00e9l\u00e8ves. Les conditions de travail ne sont pas simples, t\u00e9moigne Yusuf. <em>\u201cDans notre d\u00e9partement, on a perdu quinze professeurs et beaucoup d\u2019autres ont quitt\u00e9 la r\u00e9gion.\u201d<\/em> La plupart des enseignants restants sont mobilis\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour pallier le manque de m\u00e9decins.<\/p>\n<blockquote><p><em>&#8220;J\u2019ai compris que la seule chose importante, c\u2019est d&#8217;\u00eatre en vie.&#8221;<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h2>Prendre du recul<em><br \/>\n<\/em><\/h2>\n<p>Un an apr\u00e8s, le traumatisme est toujours pr\u00e9sent.<em> \u201cIl suffit de marcher dans la rue, qu\u2019un camion arrive et avec le bruit, la vibration, le choc revient.\u201d<\/em> Comment s\u2019en sortir, quand s\u2019ajoute \u00e0 cela un travail \u00e0 temps plein et les examens finaux ? Yusuf avoue ne pas avoir trouv\u00e9 la r\u00e9ponse. <em>\u201cTous les jours, je me r\u00e9veille, je fais les choses que j\u2019ai \u00e0 faire. Je survis juste.\u201d<\/em> Son m\u00e9tier d\u2019interne l\u2019\u00e9puise, mais le garde aussi en vie. L\u2019\u00e9tudiant tient avec cette id\u00e9e fixe : <em>\u201cQuelqu\u2019un doit aider les gens, alors \u00e7a sera moi.\u201d<\/em> Et puis, la catastrophe lui a appris \u00e0 prendre du recul, \u00e0 se dire que les examens et les cours sont des d\u00e9tails.<em>\u201cJ\u2019ai compris que la seule chose importante, c\u2019est d&#8217;\u00eatre en vie.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Depuis un an, les conversations des \u00e9tudiants en m\u00e9decine ont chang\u00e9. Ils ne parlent plus du futur, de leur plan de carri\u00e8re ou de sp\u00e9cialit\u00e9s qu\u2019ils devront bient\u00f4t choisir. Maintenant, on conjugue au pr\u00e9sent.<em> \u201cOn parle des t\u00e2ches et des probl\u00e8mes quotidiens, de la vie de tous les jours, parce qu&#8217;on sait que peut-\u00eatre, dans dix minutes, il pourrait y avoir un s\u00e9isme, et on pourrait tous mourir.\u201d<\/em> Eux qui \u00e9taient parfois prompts \u00e0 la critique appr\u00e9cient davantage leurs moments ensemble. Avec cette catastrophe, une nouvelle solidarit\u00e9 s\u2019est cr\u00e9\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<!-- MetaSlider 5165 not found -->\n<h2>Sevilay :<em> \u201cLorsque je repense \u00e0 ma vie en appartement, je me dis qu\u2019il y a des choses que je pr\u00e9f\u00e8re maintenant\u201d<\/em><\/h2>\n<figure id=\"attachment_5150\" aria-describedby=\"caption-attachment-5150\" style=\"width: 1020px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-5150\" src=\"https:\/\/medialatitudes.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/DSCF8096.jpg\" alt=\"\" width=\"1020\" height=\"680\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5150\" class=\"wp-caption-text\">Sevilay (\u00e0 droite) et sa colocataire \u00d6zlem (\u00e0 gauche) dans le salon de leur conteneur comme les trois quarts des personnes de la r\u00e9gion d&#8217;Hatay. \u00a9 Layam Robert<\/figcaption><\/figure>\n<p>Sevilay finit de pr\u00e9parer le caf\u00e9 dans la petite bouilloire de sa kitchenette. Les effluves se m\u00ealent \u00e0 ceux de la cigarette qu\u2019elle vient d\u2019allumer, jusqu&#8217;\u00e0 embaumer la pi\u00e8ce de vie. Comme les trois quarts des habitants d&#8217;Hatay, la jeune femme vit maintenant en conteneur. Il y a tout juste sept mois, Sevilay quitte sa tente pour la bo\u00eete m\u00e9tallique.<em> &#8220;Il \u00e9tait vide&#8221;<\/em>, pr\u00e9cise-t-elle. Pour personnaliser son nouveau &#8220;chez-soi&#8221;, elle y a ajout\u00e9 ce qu\u2019il restait de sa vie d\u2019avant : quelques meubles, un radiateur \u00e9lectrique, un canap\u00e9 et son chat Sonia. Dans le si\u00e8ge de camping pos\u00e9 pr\u00e8s de la fen\u00eatre, cette derni\u00e8re s&#8217;endort. La chatte n&#8217;en a que faire du monde autour d\u2019elle, contrairement \u00e0 sa ma\u00eetresse, qui semble stress\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de parler d\u2019elle. Son regard est fuyant lorsqu\u2019elle s&#8217;assied sur le canap\u00e9.<\/p>\n<p>Le conteneur provient d&#8217;une fondation \u00e9trang\u00e8re qui en a install\u00e9 une dizaine dans le quartier.<em> &#8220;On a eu beaucoup de <\/em><em>probl\u00e8mes \u00e0 cause de \u00e7a&#8221;, <\/em>d\u00e9taille Sevilay<em>. &#8220;Les officiers sont venus et nous ont dit qu\u2019il fallait partir. Ils ont essay\u00e9 de nous faire peur.\u201d<\/em> Les installations consid\u00e9r\u00e9es comme irr\u00e9guli\u00e8res par les autorit\u00e9s locales, ne sont pas du go\u00fbt des ces derni\u00e8res qui tentent de rassembler les habitants dans des camps officiels. Cette perspective n\u2019enchante pas du tout Sevilay : &#8220;<em>Je suis c\u00e9libataire, donc on m\u2019aurait mise avec une <\/em><em>personne que je ne connais pas, dans un espace de 21 m\u00e8tres carr\u00e9s.&#8221;<\/em> Ici, c\u2019est aussi petit, mais au moins, elle a choisi sa colocataire, son amie \u00d6zlem qu\u2019elle conna\u00eet depuis six ans. &#8220;<em>Et puis, la ville-conteneur du gouvernement \u00e9tait vraiment loin du centre, sans arbre, sans vie sociale, \u00e7a faisait trop camp.&#8221;<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2>Neuf \u00e9coles sur dix ont ferm\u00e9<\/h2>\n<p>\u00c0 34 ans, Sevilay est professeure d\u2019anglais depuis un peu plus d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Chaque matin, d\u00e8s 7h30, elle retrouve ses \u00e9l\u00e8ves. En parlant d&#8217;eux, son regard s&#8217;adoucit : &#8220;<em>Ils sont tr\u00e8s bavards, mais je les aime beaucoup.&#8221; <\/em>Sevilay travaille \u00e0 Antakya, dans l\u2019un des derniers \u00e9tablissements de la r\u00e9gion. Le b\u00e2timent accueille d\u00e9sormais les \u00e9l\u00e8ves d\u2019autres quartiers, qui n\u2019ont plus d\u2019endroits o\u00f9 poser leur cartable. Apr\u00e8s le s\u00e9isme, les adolescents ont d\u00fb attendre cinq mois avant de retourner sur les bancs de l\u2019\u00e9cole. Des 265 \u00e9tablissements que comptait la ville, il n\u2019en reste que 27. Plus des deux tiers des enseignants ont quitt\u00e9 Antakya et pour ceux qui sont rest\u00e9s, la situation n\u2019est pas avantageuse : <em>&#8220;Il n\u2019y a aucune compensation financi\u00e8re, ce n\u2019est pas normal.&#8221; <\/em>\u00c0 13 heures, sa journ\u00e9e de travail se termine et l\u2019apr\u00e8s-midi est consacr\u00e9e \u00e0 son autre activit\u00e9 de syndicaliste. Avec d\u2019autres professeurs de la r\u00e9gion de Hatay, Sevilay parcourt la province \u00e0 la rencontre de ses cons\u0153urs et confr\u00e8res. L&#8217;objectif : \u00e9voquer les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 leur profession et tenter de trouver un \u00e9cho aupr\u00e8s des m\u00e9dias locaux.<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2>\u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, le strict minimum<\/h2>\n<p>Sonia, le chat, se r\u00e9veille, son sommeil probablement troubl\u00e9 par les discussions qui remplissent la pi\u00e8ce. Elle sort du salon et passe devant l\u2019embrasure de la porte de la petite salle de bain. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, le strict minimum : douche, toilette, lavabo. Le tout est raccord\u00e9 au r\u00e9seau de la ville gratuitement, \u00e0 l&#8217;instar de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Plus int\u00e9ress\u00e9e par la perspective d\u2019un assoupissement dans une couette confortable, Sonia jette son d\u00e9volu sur le lit d\u2019\u00d6zlem, la colocataire de Sevilay. La petite chambre est coquette, un poster de rock des ann\u00e9es 1970 sur le mur, deux matelas, bien assez pour un chat. Peut-\u00eatre un peu restreint pour des humains.&#8221;<em>Une fois, on a mis huit personnes dans le salon pour une soir\u00e9e !&#8221;<\/em>, se rappelle Sevilay en souriant. La pi\u00e8ce de dix m\u00e8tres carr\u00e9s n\u2019est pourtant pas extensible, mais les deux colocataires mettent un point d\u2019honneur \u00e0 la rendre accueillante. <em>&#8220;Lorsque je repense \u00e0 ma vie en appartement, je me dis qu\u2019il y a des choses <\/em><em>que je pr\u00e9f\u00e8re maintenant.&#8221;<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2>Rapprocher les survivants<em><br \/>\n<\/em><\/h2>\n<p>Pour Sevilay,<em> &#8220;le plus important, c\u2019est la vie en communaut\u00e9&#8221;<\/em> : les amis, les rencards, les soir\u00e9es \u00e0 papoter autour d\u2019un th\u00e9. Ses amiti\u00e9s sont r\u00e9centes, surtout nou\u00e9es avec des personnes qui vivent dans les conteneurs du quartier, mais elles sont fortes. Le tremblement de terre a rapproch\u00e9 les survivants : tout le monde a subi la m\u00eame chose. Et puis, la vie en communaut\u00e9 les a rendus solidaires.\u00a0 Sur le camp, il y a un seul frigo pour la dizaine de conteneurs. Tout le monde n\u2019a pas d\u2019eau chaude, Sevilay doit prendre sa douche chez un ami. Mais pour elle, ce n\u2019est pas une contrainte, juste un autre moment de partage. <em>&#8220;J\u2019avais un chauffe-eau chez mes parents, j\u2019aurais pu l\u2019installer, mais je pr\u00e9f\u00e8re comme \u00e7a. Une douche, un th\u00e9 et des discussions.&#8221;<\/em><br \/>\nDans sa vie d\u2019avant, Sevilay \u00e9tait souvent <em>&#8220;dehors&#8221;<\/em>, dans des caf\u00e9s, des bars. Aujourd\u2019hui, elle ne sort qu\u2019une fois par semaine et passe beaucoup de temps chez elle. De cette vie-l\u00e0, tout ne lui manque pas. &#8220;<em>En appartement, je me sentais seule.&#8221;<\/em> Pour se voir, il fallait s\u2019appeler, s\u2019organiser, prendre la voiture.<em> &#8220;Maintenant, si je ne me sens pas bien, je peux \u00eatre chez mon ami en quelques minutes, un th\u00e9 chaud, des ragots et tout va mieux.&#8221;<\/em><\/p>\n<p><em><b>Dans le prochain article, d\u00e9couvrez les portraits de Sadik et Do\u011fu\u015f, qui un an apr\u00e8s le s\u00e9isme, reconstruisent maison et commerce. <\/b><\/em><\/p>\n<p><em><b>Retrouvez le premier article, sur la situation humanitaire et la vie en tente, <a href=\"https:\/\/medialatitudes.be\/turquie-un-an-apres-le-seisme-rien-na-change-1-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a>.<br \/>\n<\/b><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Ce reportage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec le soutien du Fonds pour le journalisme en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles.<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 6 f\u00e9vrier 2023, deux s\u00e9ismes majeurs ont frapp\u00e9 la Turquie et la Syrie. 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