{"id":650,"date":"2022-06-20T12:39:46","date_gmt":"2022-06-20T10:39:46","guid":{"rendered":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/?p=650"},"modified":"2022-06-20T12:39:46","modified_gmt":"2022-06-20T10:39:46","slug":"des-belges-ouvrent-leurs-maisons-aux-refugies-ukrainiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medialatitudes.be\/en\/des-belges-ouvrent-leurs-maisons-aux-refugies-ukrainiens\/","title":{"rendered":"Des belges ouvrent leurs maisons aux r\u00e9fugi\u00e9s ukrainiens"},"content":{"rendered":"<p>Les personnes munies d\u2019une carte d\u2019identit\u00e9 ou d\u2019un passeport ukrainien sont accueillies en Belgique par l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale Fedasil, et certaines d\u2019entre elles s\u2019installent temporairement dans des familles volontaires belges.<br \/>\nDans la r\u00e9gion flamande, la ville de Mechelen (Malines), \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au nord-est de la capitale Bruxelles, vient tout juste d\u2019ouvrir 70 maisons pour des familles de r\u00e9fugi\u00e9s ukrainiens. Nous nous sommes rendus \u00e0 Malines pour rencontrer une famille de r\u00e9fugi\u00e9s et la famille belge qui les accueille au sein de leur maison aux abords de la for\u00eat. La traductrice Angela Turcu, d\u2019origine moldave, nous a accompagn\u00e9 pour permettre l\u2019\u00e9change avec la famille ukrainienne.<\/p>\n<p>Modestes et souriants, Elies Van Belle et Paul Bossyns sont deux m\u00e9decins qui travaillent dans l\u2019aide humanitaire et le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong>Quand et pourquoi avez-vous d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00eatre une famille h\u00f4te ?<\/strong><br \/>\n\u2013 Elies : D\u00e8s qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 \u00e0 la radio que l\u2019on cherchait des familles pour accueillir des r\u00e9fugi\u00e9s, je pense qu\u2019on s\u2019est tout de suite inscrits sur le site de la commune. Car nous avons une maison avec une partie annexe qui peut faire office d\u2019appartement ind\u00e9pendant. Donc le fait qu\u2019on a cet espace nous a permis de faire ce choix facilement.<br \/>\nJe suppose que \u00e7a a beaucoup \u00e0 voir avec le fait que c\u2019est une guerre en Europe. On se sent tr\u00e8s concern\u00e9s et solidaires par ce qui se passe dans le monde aussi car nous travaillons dans la coop\u00e9ration et le d\u00e9veloppement. Mais c\u2019est encore plus particulier vu que c\u2019est en Europe.<br \/>\n-Paul : Par notre m\u00e9tier nous avons v\u00e9cus \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans diff\u00e9rents pays. Je pense que c\u2019est une barri\u00e8re en moins pour accueillir et vivre avec des gens qui ne parlent pas notre langue.<\/p>\n<p><strong>Es<\/strong><strong>t-ce la premi\u00e8re fois que vous accueillez des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ?<br \/>\n<\/strong>Oui c\u2019est la premi\u00e8re fois. (ensemble)<br \/>\n\u2013 Elies : On habite ici depuis trois ans seulement. Avant, nous \u00e9tions en appartement \u00e0 Bruxelles&#8230;<\/p>\n<p><strong>Comment communiquez-vous avec la famille sans langue commune ?<\/strong><br \/>\nGoogle translate, seulement (rires)<\/p>\n<p><strong>Et \u00e7a marche ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Elies : Comme ci comme \u00e7a. \u00c7a prend \u00e9norm\u00e9ment de temps et il y a beaucoup d\u2019erreurs. On ne peut pas avoir une conversation approfondie, \u00e7a reste superficiel. Bon, pour les choses essentielles il n\u2019y a pas de soucis. Mais d\u00e8s que c\u2019est un peu plus compliqu\u00e9 ce n\u2019est pas \u00e9vident. Ils ont commenc\u00e9 les cours de n\u00e9erlandais et ils s\u2019y investissent vraiment. Mais ce n\u2019est pas \u00e9vident. Avec le CPAS ils ont maintenant deux cours de n\u00e9erlandais par semaine.<br \/>\nLeur petit enfant, le fils de leur fils, est arriv\u00e9 depuis 2 semaines. Mais il n\u2019a pas encore de papiers.<\/p>\n<p><strong>Quel a \u00e9t\u00e9 votre r\u00f4le dans le processus d\u2019int\u00e9gration de vos h\u00f4tes ?<\/strong><br \/>\n-Paul : Elies les a beaucoup aid\u00e9s pour les papiers. On est all\u00e9s se promener avec eux aussi.<br \/>\n-Elies : Au d\u00e9but on faisait les courses avec eux. Puis un ami leur a pr\u00eat\u00e9 des v\u00e9los et ils ont commenc\u00e9 \u00e0 y aller d\u2019eux-m\u00eames. Je les ais aid\u00e9s \u00e0 r\u00e9gler les choses administratives en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 la banque, au CPAS, avec la commune, etc. Mais c\u2019\u00e9tait long et compliqu\u00e9 surtout au d\u00e9but \u00e0 cause de la langue.<br \/>\n\u2013 Paul : C\u2019est vrai que c\u2019est un peu compliqu\u00e9, mais ce n\u2019est pas pour autant impossible.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Tout le monde disait qu\u2019en Belgique, les gens sont bons \u00bb<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Fedor Fedorovich Evdokimova, 53 ans, et Mme Valentina Viktorovna Evdokimova, 56 ans, un couple ukrainien. Ils nous racontent ce qu\u2019ils ont v\u00e9cu. Ils viennent de Krementchouk, une importante ville industrielle de la r\u00e9gion de Poltava au centre de l\u2019Ukraine.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Quelle \u00e9tait votre situation<\/strong><strong> d\u2019avant-guerre ?<\/strong><br \/>\nNous habitions vers le centre de l\u2019Ukraine, \u00e0 5h de voiture au sud de Kiev. Je suis n\u00e9 en Russie mais je suis Ukrainien car j\u2019y vis depuis que je suis petit. Je travaillais dans le b\u00e2timent, et ma femme \u00e9tait boulang\u00e8re. La situation avant \u00e9tait tr\u00e8s calme. Nous, les Ukrainiens et les russes, sommes tr\u00e8s similaires. Tout le monde a un proche qui est russe ou qui vit en Russie. Donc nous ne nous attendions pas du tout \u00e0 une guerre.<\/p>\n<p><strong>Quand avez-vous d\u00e9cid\u00e9 de<\/strong><strong> quitter votre pays ?<br \/>\n<\/strong>Au moment o\u00f9 la guerre a \u00e9clat\u00e9 nous n\u2019\u00e9tions pas en Ukraine mais en Russie, dans la r\u00e9gion de l\u2019Oural, en visite chez notre fils qui venait d\u2019avoir un enfant. Quand nous avons appris ce qu\u2019il se passait \u00e0 la radio, nous avons tout de suite d\u00e9cid\u00e9 de quitter le pays avant qu\u2019il ne soit trop tard.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi avoir choisi<\/strong><strong> la Belgique ?<\/strong><br \/>\nNous sommes all\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re estonienne pour pouvoir quitter la Russie. \u00c0 la fronti\u00e8re, les gardes russes nous ont stopp\u00e9s. Les hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s. Ils nous ont pos\u00e9 de nombreuses questions, sur nos raisons de quitter le pays, etc. Ils ont m\u00eame pris nos empreintes. Mais nous avons finalement r\u00e9ussi \u00e0 passer. Des bus nous ont ensuite emmen\u00e9s \u00e0 Tallinn, la capitale estonienne. De l\u00e0 nous sommes all\u00e9s en Pologne. Puis nous avons travers\u00e9 toute l\u2019Allemagne en passant par Berlin. Et sommes enfin arriv\u00e9s \u00e0 Bruxelles.<br \/>\nPour le choix de la Belgique, des amis \u00e0 nous nous en avaient d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 en bien. Tout le monde disait que c\u2019est un pays en paix et o\u00f9 les gens sont bons. Nous avons donc choisi d\u2019aller en Belgique alors m\u00eame que nous n\u2019y connaissions personne.<\/p>\n<p><strong>M\u00eame pas Paul et Elies donc&#8230;<\/strong><strong><br \/>\n<\/strong>Quand nous sommes arriv\u00e9s ici, nous avons \u00e9t\u00e9 aid\u00e9s d\u00e8s la sortie du train. Des gens nous ont accueillis et aid\u00e9s pour les d\u00e9marches \u00e0 faire. Notre venue en famille d\u2019accueil \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vue donc nous nous sommes dirig\u00e9s vers cette adresse que l\u2019on a trouv\u00e9e gr\u00e2ce aux t\u00e9l\u00e9phones. Et la premi\u00e8re personne que nous avons vue \u00e9tait Paul qui avait l\u2019air tr\u00e8s gentil (rires).<\/p>\n<p><strong>Comment se passent vos journ\u00e9es ici ?<\/strong><br \/>\nChaque matin le premier r\u00e9flexe est de s\u2019informer. Nous prenons aussi des nouvelles aupr\u00e8s de nos proches rest\u00e9s en Ukraine. Nous leur demandons comment s\u2019est pass\u00e9e leur nuit, et \u00e7a fait toujours mal au c\u0153ur quand ils parlent des bombardements.<br \/>\nMais nous avons la chance d\u2019avoir beaucoup d\u2019aide et de soutien ici. Beaucoup de choses positives. Cela nous permet de ne pas y penser et de pouvoir garder le sourire \u00e0 la fin de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Sans probl\u00e8me d\u2019int\u00e9gration ?<\/strong><strong><br \/>\n<\/strong>Le plus difficile reste la langue. C\u2019est le principal obstacle. Nous prenons des cours de n\u00e9erlandais pour essayer d\u2019apprendre la langue. Sinon nous sommes des gens humbles qui ne demandent pas beaucoup de choses.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que vous pouvez encore faire quelque chose pour l\u2019Ukraine ?<\/strong><br \/>\nQuand nous avons des nouvelles depuis la Belgique, nous les transmettons \u00e0 nos proches l\u00e0-bas en Ukraine et aussi surtout en Russie. Car \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 et la radio les propagandes d\u2019Etat emp\u00eachent de savoir la v\u00e9rit\u00e9. Nous essayons donc de v\u00e9hiculer de l\u2019information et de les tenir au courant.<\/p>\n<p><strong>Que repr\u00e9sente le pr\u00e9sident Zelenski pour vous ?<\/strong><br \/>\nC\u2019est quelqu\u2019un de tr\u00e8s comp\u00e9tent, tr\u00e8s intelligent et courageux. Nous pensons qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bon dans les relations avec les Etats-Unis et l\u2019Union europ\u00e9enne. Il fait tout ce qu\u2019il peut mais il ne peut pas faire plus. Le rapport de force avec le Russie est bien trop in\u00e9gal\u2026<br \/>\nAu moment de son \u00e9lection nous ne pensions pas qu\u2019il serait un bon pr\u00e9sident c\u2019\u00e9tait un acteur. Mais il a prouv\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 la hauteur.<\/p>\n<p><strong>Quelque chose \u00e0 ajouter ?<\/strong><br \/>\nNous esp\u00e9rons juste que la guerre finisse le plus vite possible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les personnes munies d\u2019une carte d\u2019identit\u00e9 ou d\u2019un passeport ukrainien sont accueillies en Belgique par l\u2019agence f\u00e9d\u00e9rale Fedasil, et certaines d\u2019entre elles s\u2019installent temporairement dans des familles volontaires belges. 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