{"id":1257,"date":"2023-07-15T12:05:02","date_gmt":"2023-07-15T10:05:02","guid":{"rendered":"https:\/\/medialatitudes.be\/nl\/?p=1257"},"modified":"2023-07-17T18:35:45","modified_gmt":"2023-07-17T16:35:45","slug":"penser-la-manifestation-le-probleme-cest-quelle-ne-derange-en-rien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medialatitudes.be\/nl\/penser-la-manifestation-le-probleme-cest-quelle-ne-derange-en-rien\/","title":{"rendered":"Penser la manifestation : &#8220;Le probl\u00e8me, c&#8217;est qu&#8217;elle ne d\u00e9range en rien!&#8221;"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est un curieux sentiment, et ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois. On est l\u00e0, on crie, on gueule, on vocif\u00e8re si fort qu\u2019on ne s\u2019entend plus penser. Pourtant, avec un peu de recul, les manifestations r\u00e9sonnent souvent comme un cri dans le silence. \u00c0 se demander si elles sont efficaces. \u00c0 se demander pourquoi encore on manifeste. Pour comprendre les raisons de la militance, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en discuter avec ceux qui la vivent, \u00e0 commencer par Elisa.<\/p>\n<p>Elisa a 43 ans et milite depuis plus de vingt ans sur de nombreux fronts. Seulement, au moment de lui proposer un entretien pour parler d\u2019activisme, elle m\u2019annonce qu\u2019elle ne va plus en manif depuis un certain temps. Et qu\u2019elle souhaite me raconter pourquoi. Curiosit\u00e9 piqu\u00e9e. Elle me propose de la rencontrer, elle et son camarade Michel, lui qui descend encore dans la rue toutes les semaines. Le rendez-vous est fix\u00e9.<\/p>\n<h2><strong>Une histoire de gains<\/strong><\/h2>\n<p>Une th\u00e9i\u00e8re de Rooibos et une imposante pile de gaufres. Le d\u00e9cor est pos\u00e9, et le ton de la discussion le sera tout autant. Car Elisa et son camarade Michel se connaissent bien\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La notion de camarade, m\u00eame si elle est un peu vieillotte, est hyper importante. C\u2019est pas des coll\u00e8gues, c\u2019est pas des amis, c\u2019est des camarades avec qui tu milites. [\u2026] Michel, c\u2019est le seul qui est mon camarade et mon pote.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais avant de parler d\u2019elle, Elisa souhaite raconter d\u2019o\u00f9 elle parle. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est essentiel\u00a0\u00bb.<\/em> Elev\u00e9e par une m\u00e8re seule, elle estime avoir fait partie de la classe moyenne-sup\u00e9rieure intellectuellement, en \u00e9tant financi\u00e8rement dans la pauvret\u00e9. Elle s\u2019est syndiqu\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t, \u00e0 dix-huit ans, deux ans avant de devenir maman. Elle a ensuite encha\u00een\u00e9 les petits boulots avant d\u2019entamer des \u00e9tudes de prof d\u2019histoire, et d\u2019exercer dans le secondaire au Sacr\u00e9-C\u0153ur de Jette. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle a rencontr\u00e9 Michel. Pendant longtemps, elle a milit\u00e9 au sein de la Ligue Communiste R\u00e9volutionnaire, et dans les syndicats, o\u00f9 elle \u00e9tait d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e. Aujourd\u2019hui, elle ne fait plus partie de ces organisations.<\/p>\n<p>Michel est retrait\u00e9 depuis cinq ans et demi. Enfin, disons qu\u2019il a pris sa retraite en tant que professeur. Car c\u00f4t\u00e9 militance, il est encore bien actif. Chaque semaine, il milite pour la cause de Julian Assange, et pour de nombreuses autres luttes. C\u2019est qu\u2019il a commenc\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t\u00a0: il raconte avoir v\u00e9cu les \u00e9v\u00e8nements de mai 1968 tr\u00e8s intens\u00e9ment alors qu\u2019il \u00e9tait encore au lyc\u00e9e. Mais pour lui, un tournant s\u2019est produit en 1970 lors d\u2019une manifestation contre la Gr\u00e8ce des colonels\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but de la manif je ne jetais rien, au milieu je jetais des \u0153ufs et \u00e0 la fin je jetais des briques. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai rompu avec la non-violence.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les pr\u00e9sentations sont faites, Elisa encha\u00eene sur les raisons de son retrait du militantisme. Avec, d\u2019abord, la fin de son implication \u00e0 la Ligue Communiste R\u00e9volutionnaire\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Ca s\u2019est termin\u00e9, parce que le patriarcat n\u2019est pas absent des organisations politiques de gauche. Et que c\u2019est encore plus violent d\u2019\u00eatre violent\u00e9 dans des endroits o\u00f9 tu voudrais que le monde soit id\u00e9al. Quand t\u2019es confront\u00e9e \u00e0 des m\u00e9canismes patriarcaux dans ces orgas-l\u00e0, c\u2019est hyper dur et tu t\u2019en rel\u00e8ves difficilement\u2026 Et moi je m\u2019en suis relev\u00e9e difficilement, et je n\u2019ai plus \u00e9t\u00e9 en manif parce que je ne voulais plus rencontrer certaines personnes.\u00a0\u00bb<\/em> Elle a observ\u00e9 le m\u00eame type de m\u00e9canismes au sein du syndicat et a pris la d\u00e9cision de ne plus en faire partie. Pour elle, il aurait fallu rester dans ces organisations et se battre en leur sein, \u00e9jecter les personnes concern\u00e9es, mais elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se retirer. Elle soutient que le f\u00e9minisme lui a fait beaucoup de bien personnellement, mais qu\u2019il a fait beaucoup de mal \u00e0 son investissement dans les cellules militantes traditionnelles. C\u2019est aussi une histoire de temps, un temps qu\u2019elle n\u2019a plus\u00a0: celui de la p\u00e9dagogie dans les institutions patriarcales.<\/p>\n<p>Michel, bien qu\u2019il souligne un manque d\u2019activisme des syndiqu\u00e9s, paye toujours ses cotisations. Il reconnait les probl\u00e8mes qui existent au sein de ces organisations, mais il estime qu\u2019elles sont in\u00e9vitables pour la lutte\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il y a encore des victoires syndicales sur des combats tr\u00e8s localis\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Ah, les victoires&#8230; Avec un certain recul, Elisa commence par expliquer que le militantisme, c\u2019est une histoire de gains personnels. Sans mettre de c\u00f4t\u00e9 la motivation profonde contre l\u2019injustice qui l\u2019a port\u00e9e pendant vingt ans, elle reconnait qu\u2019il existe une motivation tr\u00e8s personnelle \u00e0 aller manifester. Et c\u2019est d\u2019abord une histoire d\u2019adr\u00e9naline\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il y a la m\u00eame adr\u00e9naline contre les flics que dans un stade. C\u2019est comme une drogue en fait.\u00a0\u00bb<\/em> Et puis surtout, manifester, c\u2019est rencontrer des gens avec qui elle se sent exister. Dans ces milieux-l\u00e0, elle raconte avoir pu faire l\u2019exp\u00e9rimentation d\u2019une vie socialiste en microcosme avec les camarades. Michel confirme\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les manifs, \u00e7a permet de se sentir moins seul. Quand tu es un militant d\u2019extr\u00eame gauche, dans la soci\u00e9t\u00e9, tu es quand m\u00eame souvent isol\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais tr\u00e8s vite, ce constat\u00a0: Le militantisme ne peut pas \u00eatre qu\u2019une histoire de gains personnels, il faut aussi des gains politiques. Selon Elisa, ce qui use les militants, ce sont les d\u00e9faites\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Les victoires sont tellement minces par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9nergie donn\u00e9e\u2026Tout le temps pass\u00e9 \u00e0 militer, c\u2019est du temps que je n\u2019ai pas pass\u00e9 avec mes enfants.\u00a0[\u2026] Et la manif, telle qu\u2019elle est aujourd\u2019hui, ne peut plus mener \u00e0 des victoires.\u00a0La manif est devenue une institution, et il faut sortir de cette institution. Et \u00e7a, \u00e7a vient du livre de Lagasnerie.\u00a0\u00bb<\/em> Ce livre, Elisa me l\u2019a pr\u00eat\u00e9. Il m\u2019a apport\u00e9 quelques r\u00e9ponses.<\/p>\n<h2><strong>Sortir de notre impuissance politique<\/strong><\/h2>\n<p>En 2020, le sociologue et politologue fran\u00e7ais Geoffroy de Lagasnerie publie un essai intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Sortir de notre impuissance politique\u00a0\u00bb. Avec, en pr\u00e9ambule, un constat\u00a0: la gauche perd les combats depuis de nombreuses ann\u00e9es. Et ensuite, une question\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Ne vivons-nous pas dans un champ politique tel que l\u2019expression de la dissidence est d\u00e9j\u00e0 inscrite dans le syst\u00e8me et donc en un sens programm\u00e9e par lui\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> Ainsi, l\u2019auteur critique l\u2019institutionnalisation des formes de protestations. Pour lui, la manifestation, la gr\u00e8ve, le lobbying, \u2026 en sont devenues des formes reconnues et ritualis\u00e9es. Il propose de repenser les modes d\u2019action de la militance de gauche, en investissant les lieux de pouvoir, les \u00e9coles, les universit\u00e9s, et en pr\u00e9f\u00e9rant des modes d\u2019action <em>\u00ab directe \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Sur ce sujet, Elisa hoche la t\u00eate. <em>\u00ab\u00a0De plus en plus, nos itin\u00e9raires sont des itin\u00e9raires \u00e0 la con.\u00a0\u00bb<\/em> Selon elle, demander l\u2019autorisation \u00e0 l\u2019Etat pour exprimer son m\u00e9contentement, sur un itin\u00e9raire et un horaire d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l\u2019avance, c\u2019est une perte de temps. Michel r\u00e9pond <em>\u00ab\u00a0Pour les grands mouvements, c\u2019est un peu moins \u00e0 la con. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, quand on faisait des manifs contre l\u2019OTAN, l\u2019itin\u00e9raire allait jusqu\u2019\u00e0 la Gare du Nord. On rentrait dans la gare et on marchait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019OTAN, sur les rails, en bloquant les trains\u2026 Et on se faisait taper dessus.\u00a0\u00bb<\/em> Elisa explique que les seules manifs non-autoris\u00e9es qu\u2019elle a v\u00e9cues, c\u2019\u00e9taient des manifs spontan\u00e9es, \u00e0 la suite d\u2019une assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle revient sur le livre de Lagasnerie\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Plein de militants de gauche ont pas du tout aim\u00e9. Faut accepter de se prendre dans le gueule que ce qu\u2019on fait ne sert \u00e0 rien.\u00a0\u00bb<\/em> Michel, lui, n\u2019a pas aim\u00e9. Il estime que l\u2019id\u00e9e de Lagasnerie d\u2019occuper les lieux de pouvoir est risqu\u00e9e, tant les lieux de pouvoir peuvent corrompre. <em>\u00ab\u00a0Le probl\u00e8me c\u2019est pas manif ou pas manif, le probl\u00e8me c\u2019est quels moyens on a pour contrer l\u2019id\u00e9ologie des dominants.\u00a0\u00bb<\/em> Pour lui, le combat id\u00e9ologique est essentiel\u00a0; c\u2019est une des raisons pour lesquelles il est devenu enseignant.<\/p>\n<p>Elisa n\u2019est n\u00e9anmoins pas d\u00e9courag\u00e9e\u00a0: <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai encore un espoir, c\u2019est dans les anar [chistes, ndlr]. Parce qu\u2019ils ne demandent pas d\u2019autorisation, et parce qu\u2019ils ont une conscience politique. [\u2026] Je pense que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, avec les r\u00e9seaux sociaux, ont une vraie conscience de classe. Apr\u00e8s, je ne sais pas comment la lutte va s\u2019organiser\u2026\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\nMoi non plus je ne sais pas. C\u2019est pourquoi, plut\u00f4t que de laisser Elisa et Michel discuter seuls du sort de notre g\u00e9n\u00e9ration, je d\u00e9cide de proposer \u00e0 Giulia, jeune militante, de poursuivre les discussions avec elle.<\/p>\n<h2><strong>Nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, nouveaux espaces de lutte<\/strong><\/h2>\n<p>On ne pr\u00e9sente plus la th\u00e9i\u00e8re de Rooibos. En revanche, Giulia nous \u00e9claire sur son parcours.<\/p>\n<p>Le rapport de Giulia au militantisme a chang\u00e9 depuis qu\u2019elle a commenc\u00e9 \u00e0 travailler. Apr\u00e8s avoir milit\u00e9 au sein d\u2019Ecolo-J \u2013 la fraction \u2018jeunes\u2019 du parti Ecolo -, elle a rejoint le Cercle F\u00e9ministe de l\u2019ULB, pendant ses \u00e9tudes de droit et son master compl\u00e9mentaire en \u00e9tudes de genre. Aujourd\u2019hui, elle estime que son boulot est devenu son militantisme, parce qu\u2019elle travaille justement sur des questions f\u00e9ministes.<\/p>\n<p>Giulia consid\u00e8re elle aussi la manifestation comme un moment de socialisation. Mais pour elle, les grandes manifestations sont devenues vides de sens\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les manifs climat ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9politis\u00e9es, ce n\u2019est plus tant une position de gauche d\u2019aller dans une grande manif. Par exemple, il y aura D\u00e9Fi et la NVA lors des manifestations du 8 mars.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Elle aussi partage l\u2019id\u00e9e qu\u2019il existe des m\u00e9canismes patriarcaux dans les organisations de gauche\u2026 <em>\u00ab\u00a0et c\u2019est beaucoup plus insidieux\u00a0\u00bb<\/em>. Selon elle, il existe dans les organisations \u00e9tudiantes des griefs qui auraient pu \u00eatre faits \u00e0 des syndicats il y a dix ans. Elle rejoint ainsi les observations d\u2019Elisa \u00e0 propos des probl\u00e8mes de verticalit\u00e9 et de domination dans les structures militantes.<\/p>\n<p>Sur son rapport aux g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es et futures, Elisa est tr\u00e8s claire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La g\u00e9n\u00e9ration de Michel, c\u2019est celle des baby-boomers. Ils avaient moins de soucis mat\u00e9riels, et ils ont beaucoup milit\u00e9.\u00a0Ma g\u00e9n\u00e9ration a v\u00e9cu plus de gal\u00e8res.\u00a0\u00bb<\/em> En ce qui concerne la g\u00e9n\u00e9ration actuelle, Elisa dit avoir l\u2019espoir qu\u2019elle aura une analyse plus critique sur ce qui a transform\u00e9 sa propre g\u00e9n\u00e9ration (internet, \u2026), et que cette critique pourra permettre aux jeunes d\u2019\u00eatre <em>\u00ab\u00a0mieux en col\u00e8re\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0J\u2019esp\u00e8re que vous allez trouver des moyens judicieux et moins personnels.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Et justement, pour Giulia, les manifestations ont fait leur temps, et le r\u00e9pertoire d\u2019action est en train d\u2019\u00e9voluer. <em>\u00ab\u00a0On n\u2019est pas contraints de se limiter \u00e0\u00a0\u00e7a<\/em> \u00bb. Pour elle, les manifs f\u00e9ministes sont un peu comme un laboratoire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les collages, les manifestations \u00e0 v\u00e9lo, \u2026 c\u2019est fait pour d\u00e9ranger. Le probl\u00e8me de la manifestation c\u2019est pas la manifestation, c\u2019est qu\u2019elle d\u00e9range en rien\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Elisa et Giulia partagent l\u2019id\u00e9e qu\u2019il existe dans les manifestations un sentiment collectif fort, n\u00e9cessaire et fertile. Mais elles partagent aussi un sentiment de lassitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard des manifs. Sentiment qu\u2019Elisa traduit en besoin\u00a0:<em>\u00ab\u00a0Quand on demande une autorisation, qu\u2019on a un itin\u00e9raire, un horaire\u2026 On marche dans les clous qui nous sont attribu\u00e9s. [\u2026] On a besoin de nouveaux espaces pour faire bouillonner la marmite de nos luttes.\u00a0On a besoin de prendre quelque chose qui ne nous est pas attribu\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Pour l\u2019heure &#8211; m\u00eame si leur nombre ne faiblit pas \u2013 l\u2019impact et l\u2019avenir des manifestations sont incertains. Mais demeure cette certitude : les choses bougent dans la t\u00eate des militants de tous \u00e2ges. Les r\u00e9pertoires d\u2019actions sont questionn\u00e9s et mis \u00e0 jour, et de nouveaux modes d\u2019action apparaissent (d\u00e9sob\u00e9issance, prises de parole, blocus,\u2026). En attendant, Elisa, Giulia et Michel descendront tous les trois dans la rue pour les manifestations du 8 mars, port\u00e9s par leurs convictions&#8230; et leurs questionnements.<\/p>\n<p><strong><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par des\u00a0\u00e9tudiant.es\u00a0en MA2 de l\u2019ULB\/VUB sous la coordination d\u2019Alexandre Niyungeko, Gabrielle Ramain, Lailuma Sadid et Frisien Vervaeke.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un curieux sentiment, et ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois. On est l\u00e0, on crie, on gueule, on vocif\u00e8re si fort qu\u2019on ne s\u2019entend plus penser. 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