Le TBBI : quand le basketball unit la diaspora burundaise en terre belge
Le 4 avril, la ville de Bruxelles a vibré au rythme du Tournoi Burundais de Basketball International (TBBI). Cette rencontre des amoureux du basketball a tenu ses promesses : il a réuni des milliers de Burundais de la diaspora et des supporters autour du ballon orange. Cet événement majeur a prouvé une fois de plus que le sport transcende les frontières et renforce les liens communautaires. Organisé par URUMURI Basketball Club au Centre Omnisports du Ceria, le TBBI 2026 a opposé des équipes venues de huit pays. Retour sur une édition mémorable.
Initié depuis 2004 par un groupe d’étudiants Burundais installés en Belgique et passionnés par le basketball, le TBBI (Tournoi Burundais de Basketball International) n’est pas qu’une compétition sportive. C’est un rendez-vous incontournable qui rassemble des milliers de participants et de supporters issus de la vibrante communauté burundaise installée en Europe, au Canada et ailleurs.
Des équipes de Bruxelles, de Liège, d’Anvers, de Louvain-La-Neuve et même de plus loin comme INGABIRANO Canada se sont affrontées dans une ambiance électrique, mêlant dribbles endiablés, tirs à trois points et une animation de DJ Saïdo.
Tout ce spectacle a fait vibrer les salles de basketball du Ceria. Les gestionnaires avançant même le chiffre de 6.000 personnes au cours de la journée.
Vendredi soir à Matonge
Le vendredi soir, les présidents des Club du TBBI ont été invités par le club organisateur URUMURI Basketball Club au New Havana, à Matonge, pour suivre le tirage au sort des matchs. Le président technique du comité organisateur Aubin Bizimana et son adjoint Blaise Mbonerane ont présenté le déroulement du tirage au sort.
Chaque club présent a choisi dans un panier la poule déterminant ainsi ses adversaires directs. Les équipes ont été réparties en 4 poules. IL y avait 3 catégories : des jeunes, des seniors de plus de 40 ans et celles des filles. Seul URUMURI avait aligné toutes les 3 catégories. Au total, 16 équipes issues de 8 pays : Angleterre, Belgique qui dominait avec 6 clubs, Canada, France, Norvège, Pays-Bas, Suède et Suisse.
Au jour J du tournoi, le 4 avril, l’hymne national “Burundi Bwacu” a été chanté par Milka, jeune artiste prometteuse et repris en cœur par une foule immense. Le coup d’envoi des matchs a été donné vers 9 heures.
« One Team, One Family »
Les joueuses dans la lumière
L’édition du TBBI 2026 a particulièrement mis en lumière les joueuses, regroupées en quatre équipes : Iriza 1 et 2, URUMURI Ladies et ISHAKA. Des anciennes gloires comme Marina, Yvette, Divine, Clarisse, Lydia et bien d’autres ont fait le déplacement pour partager le parquet avec des joueuses plus jeunes. L’équipe IRIZA 1 a affronté IRIZA 2. IRIZA 1 a largement gagné le match avec un score de 43 à 6. URUMURI Ladies a affronté ISHAKA et URUMURI Ladies a gagné avec un score de 48 à 19.
Ensuite, IRIZA 2 a joué contre URUMURI Ladies. Cette fois, URUMURI Ladies a dominé le match et a gagné avec un score de 32 à 3. Et puis ISHAKA a joué contre IRIZA 1. Le match était plus équilibré et IRIZA 1 a réussi à gagner avec un score de 29 à 21. Pour les finales, le Club URUMURI Ladies a triomphé face à IRIZA1, sur un score de 28 à 21.
Dieudonné Bashirahishize, président du club INTARE de Louvain-La Neuve, a accepté de partager son bilan. Venu avec ses joueurs et supporters en tenue blue-blanc, il dresse un point de vue franc sur la performance de son équipe et de l’organisation du TBBI : “L‘équipe des jeunes a gagné les deux matchs de la phase éliminatoires mais elle n’a pas pu continuer le tournoi en raison de la règle du « goal average ». La règle prévue par le règlement prévoyait qu’en cas de deux victoires obtenues par deux équipes de la même poule, c’est l’équipe qui a gagné avec plus de point qui passe.”
« Ce tournoi, c’est notre façon de rester connectés à nos racines tout en nous intégrant ici. »
Selon le président, “c’est difficile de faire comprendre aux joueurs qui ont gagné les deux matchs qu’ils sont éliminés.” Il a ajouté un conseil pour les organisateurs des prochains tournois : “Pour l’avenir c’est important de réserver plus de terrains pour qu’un troisième match de qualification soit organisé en pareilles circonstances. Rien ne peut prouver que si on avait joué un match de qualification avec l’autre équipe qui a gagné les deux matchs, on n’aurait pas pu la battre. C’est important de faire évoluer le règlement pour l’avenir. Quant à l’équipe des plus de quarante ans, on a gagné un match et perdu un deuxième. On n’a pas démérité.”
Ensemble, des jeunes et des seniors ont éprouvé du plaisir à regarder les matchs du TBBI. Un jeune Burundais habitant de Denderleuw, arrivé en Belgique depuis deux ans, résume ce qu’il a ressenti à travers ces matchs : « Ce tournoi, c’est notre façon de rester connectés à nos racines tout en nous intégrant ici. En Belgique, nous sommes loin du pays. Le TBBI m’a permis de recréer l’esprit communautaire du Burundi. Ici, nous sommes comme une famille. » Ce témoignage, cri du cœur de cet exilé récent, capture l’essence de cet événement.
Un public belge présent
Le TBBI a aussi attiré le public belge, comme Corine, la cinquantaine, invitée par une amie burundaise : “J’ai passé un bon moment parce qu’il y avait de l’ambiance, surtout à partir des demi-finales mais je pense qu’au niveau organisation il y a des choses à revoir. Pourquoi je suis venue ? Evidemment en premier parce que je pouvais passer l’après-midi avec mon amie Mimi, aussi parce que j’aime le basket pour en avoir fait quand j’étais jeune, mais surtout par curiosité parce que je ne savais pas que ça existait. J’ai été marquée par le nombre d’équipes présentes et surtout certaines venant de loin. Ce que j’ai aimé c’est la convivialité. Peu importe la nationalité, il y avait une bonne ambiance et pas d’agressivité. Evidemment, parfois un peu d’énervement sur le terrain mais quand on est pris par le jeu c’est normal même en tournoi amical. Cependant pour l’échange culturel, je pense qu’il pourrait y en avoir plus en parlant plus de l’événement en dehors de la communauté africaine et pourquoi pas en faisant des équipes plus mixtes.”
Un geste vital
Au cœur de l’effervescence du TBBI, un geste vital a aussi marqué les esprits. Il s’agit de la collecte de sang organisée par la Croix-Rouge de Belgique. Pendant que les ballons rebondissaient, 27 participants et supporters ont roulé leurs manches pour donner du sang et sauver des vies. « Notre don de sang compte. Certains groupes sanguins rares en Belgique sont plus fréquents chez les personnes d’origine africaine et les patients en ont vitalement besoin. », a déclaré le docteur Fernand Hakizimana.
Au-delà du sport, le TBBI a montré un message fort d’intégration et de promotion culturelle. Des stands de cuisine burundaise dont les fameuses brochettes, la petite restauration composée des samoussas, des boulettes, des beignets et autres. Une soirée a été organisée au Silo Brussels pour célébrer cette journée et récompenser les Clubs gagnants. Un buffet composé des mets traditionnels revisités, des animations musicales avec des artistes burundais et des fameux tambours et danses traditionnels du Club Intatana, ont rythmés la soirée du TBBI.
« Réunir la diaspora autour du ballon orange est formidable, mais il faut aller plus loin et les rassembler autour des valeurs de transparence et d’empathie. »
Au-delà des victoires sur le parquet du Ceria, Bashirahishize, président du club INTARE de Louvain-La-Neuve appelle à une ambition plus grande : « Réunir la diaspora autour du ballon orange est formidable, mais il faut aller plus loin et les rassembler autour des valeurs de transparence et d’empathie. Pensons aux jeunes Burundais amoureux du basket, au pays, qui vivent sans ballon pour jouer, ni terrain digne de ce nom. »
Malgré les défis logistiques pour trouver des terrains de basketball pouvant accueillir plusieurs matchs en une seule journée ou une grande salle avec une réception de plus de 6.000 personnes, le Club organisateur URUMURI a su mobiliser la diaspora burundaise lors d’une journée mémorable.
En organisant le TBBI « par les Burundais, pour les Burundais, avec les Burundais », la diaspora burundaise affirme un modèle d’initiative communautaire qui inspire et unit, rappelant que sur le terrain comme dans la vie, la victoire se joue en équipe.

Le TBBI, d’Izamba à Latitudes
À écouter ci-dessous le reportage réalisé par Francine Kanyange et diffusé sur la Radio Inzamba




